En 2020, la Convention citoyenne pour le climat – composée de 150 citoyens tirés au sort – avait pour mission de proposer des mesures concrètes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans un esprit de justice sociale. Parmi les recommandations : faire de la commande publique (représentant près de 10% du PIB) un levier majeur de la transition écologique.
Ces travaux ont nourri la loi Climat & Résilience du 22 août 2021, qui marque un tournant : les objectifs de développement durable ne sont plus incitatifs, ils deviennent juridiquement obligatoires, faisant de la commande publique un outil stratégique de transformation économique.
🔎 Ce qui change au 22 août 2026
1️⃣ Clauses environnementales obligatoires
Chaque marché devra intégrer des exigences environnementales, telles que :- Des spécifications techniques (ex : matériaux biosourcés/recyclés, véhicules électriques, normes ISO, labels RSE etc.)- Des conditions d’exécution (ex : réduction des déchets pendant le chantier, livraison en transport décarboné, réemploi de matériaux etc.)
1 – Clauses d’exécution liées à l’environnement
Les marchés devront inclure des conditions d’exécution environnementales, pouvant faire appel à différents éléments tels que :
Des spécifications techniques (ex : matériaux biosourcés/recyclés, véhicules électriques, normes ISO, labels RSE etc.)
Des conditions d’exécution (ex : Réduction des déchets pendant le chantier, livraison en transport décarboné, réemploi de matériaux etc.)
Ces deux critères ne sont pas nécessairement cumulables. L’objectif est que l’obligation porte sur la partie la plus impactante du cycle de vie du produit/service.
2️⃣ Critère environnemental obligatoire dans l’analyse des offres
Le prix ne pourra plus être le seul critère d’analyse. Au moins un critère environnemental devra être intégré, notamment via une approche en coût global (vision cycle de vie du produit/service). La performance environnementale devient un critère structurant de sélection. Il ne suffit plus d’être engagé, il faut désormais être capable de le démontrer avec des données fiables (bilan carbone, ACV, traçabilité, etc.).
Le règlement 2024/1781/UE établissant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception pour des produits durables, modifiant la directive (UE) 2020/1828 et le règlement (UE) 2023/1542 et abrogeant la directive 2009/125/CE – dit règlement « Écoconception – a été publié au Journal officiel de l’Union européenne du 28 juin 2024.
La réglementation ESPR 2024/1781/UE remplace la directive ECODESIGN 2009/15/CE et s’appliquera progressivement à l’ensemble des produits, dont les luminaires.
Des critères de durabilité plus stricts
L’ESPR introduit des exigences plus strictes en matière de durabilité, de réparabilité et de recyclabilité des produits. Les fabricants devront s’assurer que les produits sont conçus pour durer plus longtemps, qu’ils peuvent être facilement réparés et qu’ils sont plus faciles à recycler à la fin de leur cycle de vie. Cette évolution vise à réduire les déchets et à promouvoir une économie circulaire.
La directive interdit également la destruction des produits invendus afin de garantir que les fabricants améliorent la longévité des produits.
Transparence des produits – Passeports numériques des produits
L’une des caractéristiques les plus remarquables de l’ESPR est l’introduction des passeports numériques de produits (DPP). Ces enregistrements numériques, sous la forme d’une « étiquette scannable », contiendront des informations détaillées sur les matériaux, les composants et les caractéristiques de durabilité d’un produit. Cette transparence permettra aux consommateurs et aux entreprises de faire des choix éclairés et facilitera une meilleure gestion des ressources tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Les passeports numériques de produits consisteront en une déclaration de performance (DPP), qui fournira des informations détaillées sur les produits de construction, notamment sur leurs caractéristiques de performance, leurs spécifications de sécurité et leur empreinte environnementale. L’objectif est d’éliminer les silos d’information et d’habiliter les parties prenantes tout au long de la chaîne de valeur, des architectes et ingénieurs aux entrepreneurs et inspecteurs en bâtiment. Les EPD conformes à la norme EN 15804 peuvent être utilisées pour fournir des informations sur les performances environnementales dans une DoP.
Renforcer l’information des consommateurs
Le règlement impose aux fabricants de fournir des informations claires et accessibles sur les caractéristiques de durabilité de leurs produits. Il s’agit notamment de détails sur l’efficacité énergétique, la composition des matériaux et les instructions de recyclage. Les autorités de surveillance du marché auront le pouvoir de retirer les produits non conformes des plateformes en ligne.
Pour éviter tout contournement, l’ESPR interdira les produits dotés de mécanismes intégrés qui détectent les conditions d’essai et modifient leurs performances en conséquence. Ainsi, les produits seront évalués en fonction de leur impact environnemental réel et non de leur capacité à tromper les procédures d’essai.
Des normes harmonisées
L’ESPR vise à harmoniser les normes de durabilité dans l’UE, telles que le marché vert européen et le plan d’action pour l’économie circulaire, afin de créer des conditions de concurrence équitables pour les fabricants. Cette normalisation simplifiera la mise en conformité et réduira les charges administratives, ce qui favorisera l’innovation et la concurrence sur le marché des produits durables.
La directive sur l’écoconception imposait des normes environnementales par le biais d' »actes d’exécution » spécifiques pour chaque groupe de produits. Ces actes relèvent désormais du nouveau règlement sur l’écoconception des produits durables (ESPR), qui introduira des règles de durabilité adaptées, fondées sur des preuves scientifiques et sur la contribution des parties prenantes. La Commission publiera des plans pluriannuels, en commençant par les produits à fort impact afin de garantir la clarté et le temps de préparation.
Quelles informations doivent figurer dans un DPP?
Les informations stockées dans un DPP peuvent couvrir les dimensions suivantes, telles que définies dans le règlement:
L’identifiant unique du produit (ID produit): les DPP doivent être liés à un identifiant unique d’opérateur et à un identifiant unique d’installation afin de faciliter la traçabilité.
Directive européenne sur l’écoconception 2026 : Votre stock de LED est-il réellement conforme à la réglementation ?
Pour la plupart des produits LED industriels, la réglementation impose trois catégories d’exigences :
Catégorie d’exigence
Ce qu’il couvre
Note sur LED industrielle
L’efficacité énergétique
Puissance maximale autorisée (Ponmax), calculée pour chaque produit à l’aide d’une formule basée sur le seuil d’efficacité (η), le flux lumineux, l’IRC et les facteurs de correction
L’efficacité lumineuse minimale de la plupart des produits LED se situe entre 85 et 120 lm/W, selon le flux lumineux et leur orientation (directionnelle ou non directionnelle).
Paramètres fonctionnels
Maintien du lumen (durée de vie L70B50), facteur de survie, scintillement (PstLM ≤ 1), effet stroboscopique (SVM)
À compter de septembre 2024 : SVM ≤ 0.4 pour la plupart des sources. L’exemption pour les applications extérieures/industrielles CRI ≤ 80 reste maintenue à SVM ≤ 0.9.
Exigences d’information
Étiquette de classe énergétique (échelle A–G), code QR renvoyant à EPREL, fiche d’information produit, documentation technique, pictogrammes de remplacement
Les luminaires ne nécessitent pas d’étiquette énergétique spécifique, sauf si le module LED est inamovible ; la possibilité de remplacement doit être indiquée par un pictogramme.
L’ Portail des sources lumineuses de la Commission européenne Il est à noter que, selon la nouvelle classification des étiquettes énergétiques, la classe A exige une efficacité lumineuse d’au moins 210 lm/W, ce qui signifie qu’elle est de fait réservée aux technologies futures. La plupart des LED industrielles de haute qualité actuellement commercialisées appartiennent aux classes B à D, ce qui est parfaitement légal et conforme aux attentes. En pratique, la question de la conformité ne réside pas dans la classe indiquée sur l’étiquette, mais plutôt dans la vérification que les résultats des tests documentés par votre usine justifient bien la classe revendiquée.
Les exigences de remplaçabilité se durcissent
Dans le cadre de la réglementation ESPR, les autorités réglementaires sont habilitées à exiger que les sources lumineuses des luminaires soient remplaçables, soit par l’utilisateur final, soit par un professionnel qualifié. Cette exigence est déjà intégrée aux mises à jour 2024 du cadre Écoconception/EPREL, qui imposent aux fabricants de produits contenant des LED de déclarer la remplaçabilité sur l’emballage. De futures mesures réglementaires pourraient aller plus loin : imposer, pour certaines catégories de produits, l’utilisation de modules LED remplaçables dès leur conception, plutôt que des modules encapsulés ou permanents. Pour les distributeurs de luminaires LED intégrés, cela représente un risque de conception pour les futurs cycles de gestion des stocks.
La proposition du MEDEF de relever de 507 à 557 heures annuelles le seuil ouvrant les droits à l’assurance chômage des intermittents n’est pas un simple ajustement comptable symbolique. C’est un geste politique où l’horloge déclarative détermine l’existence professionnelle .
Le régime des intermittents est un mécanisme d’adaptation à la discontinuité structurelle de l’emploi artistique. Le système des 507 heures tient compte de cette réalité.
Classés par une erreur de référencement dans l’annexe 8 des techniciens, et non dans celle des artistes, les heures des scénographes sont plafonnées à huit par jour.
Huit heures déclarées pour des journées qui, dans les faits, en comptent souvent bien davantage. Conception, réunions, maquettes, suivi d’atelier, présence aux répétitions, ajustements techniques : le travail réel excède très largement le cadre déclaratif. Dans ces conditions, relever le seuil d’accès aux droits revient, pour ces professionnels, à accroître une difficulté déjà patente.
Par ailleurs, les orientations budgétaires et environnementales de la politique culturelle visant à « mieux produire, mieux diffuser » ont conduit à une rationalisation des moyens: la diminution du nombre de productions et des engagements. Moins de spectacles, moins de dates, donc moins d’heures déclarables.
On ne saurait, sans contradiction, réduire le volume d’activité tout en élevant les conditions d’accès à l’indemnisation. L’équilibre du régime repose précisément sur une adéquation entre les opportunités de travail et les seuils requis.
Une politique culturelle se juge à sa capacité à maintenir la continuité des compétences et des talents. À défaut, la scène, déjà soumise à des contraintes financières, pourrait se trouver privée définitivement de nous
L’école d’art française se trouve actuellement au cœur d’une controverse d’une ampleur inédite. Héritière d’une longue tradition d’ateliers, d’académies et de talents, elle constitue un sanctuaire protégé où s’élaborent des formes, des gestes et des pensées critiques. À ce titre, elle relève d’un enjeu politique culturel majeur : celui de la liberté de création et de transmission.
Ce sont des lieux de production symbolique, d’essai, parfois d’excès. Restreindre leur vocation reviendrait à affaiblir la capacité de notre société à interroger ses représentations, et à prendre la mesure des sens et des rêves.
La restitution publique d’un atelier d’étudiant·es de deuxième année à la HEAR Haute École des Arts du Rhin consacré aux rituels du carnaval agite la machine médiatique, politique et judiciaire. La performance, extraite de son contexte, amplifiée et simplifiée, a suscité une polémique disproportionnée.
Dans le cadre de cet exercice pédagogique, une piñata en carton représentant une voiture de police a été détruite, conformément à l’usage carnavalesque, libérant des feuilles relatant des faits documentés de violences policières dans différents pays.
Ce qui frappe, ce n’est pas tant l’œuvre que la réaction politique et médiatique, comme si la scène artistique devenait suspecte. Comme si l’atelier devait désormais être surveillé. La République a tout à gagner à protéger ces espaces d’invention et de réflexion. Elle ne doit jamais craindre ses artistes, mais au contraire reconnaître leur rôle essentiel : celui de nous rappeler que la liberté, pour être réelle, doit s’exercer pleinement, même lorsqu’elle est subversive.
En ces temps de crispation, il est des moments où la culture doit être défendue avec ferveur. L’Union des Scénographes (UDS) tient à exprimer son soutien aux enseignant·e·s, à la génération émergente d’artistes et aux étudiant·es des écoles supérieures d’art.
Défendre cette génération émergente, c’est défendre la liberté d’expression, la créativité et l’audace nécessaire pour résister à tout ordre moral qui voudrait rendre l’art inoffensif et servile. Et si notre République veut rester digne et grande, elle doit veiller à ce que la flamme de l’art continue de brûler, vive et indomptée, pour éclairer les générations futures.
Membre de l’UDS.Jean Chollet est un journaliste et critique dramatique français. Il est devenu spécialiste de tout ce qui touche à la construction du dispositif scénique, de l’histoire architecturale des théâtres à celle de la scénographie.
Journaliste, critique dramatique, il collabore à de nombreuses revues françaises et étrangères.
Diplômé en études théâtrales, il fut directeur de publication des revues Actualité de la Scénographie (1983-2005) et Acteurs/auteurs (1986-1987), puis rédacteur en chef de la revue Jours nouveaux (2000-2003), consacrée aux professionnels du spectacle et de l’audiovisuel. Il est l’auteur avec Marcel Freydefont de Lieux scéniques enFrance 1980-1995 (Éditions A.S.-Scéno +), qui a reçu le prix attribué par le Syndicat professionnel de la critique en 1996 et de Valentin Fabre et Jean Perrottet, architectes de théâtre (Éditions Norma-2005).
Il a également participé à la réalisation d’ouvrages collectifs : Comédie-Française, Trois Théâtres dans la ville (Éditions Norma, 1997), Le Lieu, la scène, la salle, la ville (n° 11/12 Etudes Théâtrales-Louvain-la Neuve-,1997), Intérieur rue ( Éditions Théâtrales, 2000), Arts de la scène, scène des arts (n° 27 Études Théâtrales-Louvain-la Neuve – 2003), Le Théâtre au plus près (Presses Universitaires de Vincennes, 2005), ThéâtreAujourd’hui n°10- L’Ère de la mise en scène (CNDP, 2005).
Collaborateur permanent aux éditions annuelles de l’Encyclopédie Universalis de 2002 à 2022. Commissaire général (accompagné de Jacques Baillon du Centre National du Théâtre) de la représentation française de scénographie à la Quadriennale de Prague en 2003. Il est l’auteur de divers livres, dont André Acquart, architecte de l’éphémère (Actes-Sud 2006), Prix du meilleur livre sur le théâtre décerné par le Syndicat professionnel de la Critique dramatique, de musique et de danse. Jean Chollet est nommé Chevalier dans l’ordre des Arts et Lettres en 2020
À l’occasion de ses 30 ans, l’Union des Scénographes (UDS) est fière de présenter son nouvel ouvrage collectif , Ici et maintenant ? Scénographies pour le spectacle vivant, publié aux Éditions de la Scène, en perspective de la Quadriennale de Scénographie de Prague 2027. ( 192 pages illustrées format 20x 27- prix de 25€ )
Aujourd’hui, la scénographie désigne un champ de pratiques vaste et pluriel, à la croisée des arts vivants, plastiques et visuels. Fondée sur des savoir-faire exigeants, nourrie à la fois par les traditions et l’innovation, elle recouvre une diversité de métiers dédiés à la conception de l’espace scénique : décors, lumières, son, costumes, mais aussi les architectures qui les accueillent.
Face aux mutations artistiques, sociétales et écologiques, ces pratiques sont appelées à se réinventer. Conçu comme un ouvrage de transmission et de réflexion, ce livre donne à voir et à comprendre cette évolution dans l’ensemble des arts de la scène (danse, opéra, théâtre , cirque….). Il réunit les voix de nombreux scénographes, créateurs /créatrices costumes et lumières et praticien·nes, pour explorer la richesse des processus de création.
À la fois panorama, manifeste et outil de partage, cet ouvrage collectif questionne sans détour la manière de faire scénographie aujourd’hui. Comment se fabrique le spectacle vivant ? Quels gestes, quels savoir-faire, quelles collaborations dessinent les scènes contemporaines — de l’opéra au théâtre, de la performance au cirque, des écritures de plateau aux architectures scéniques ?
Pensé comme un objet éditorial singulier, le livre propose une immersion sensible et concrète dans l’univers des arts scéniques, à travers récits d’expériences, paroles de métiers et une iconographie riche.
Nous serons heureux de vous retrouver au BIS de Nantes, pour le lancement officiel du livre
Le mandat que vous m’avez confié touche à son terme. Après deux mandats de trésorier et deux mandats de président, comme je m’y étais engagé, je ne me représenterai pas à la présidence de l’Union des Scénographes lors de notre prochaine assemblée générale dont vous trouverez ci-joint la convocation avec l’ordre du jour et les modalités des élections. Elle aura lieu :
Il me paraît essentiel, pour la vitalité de notre organisation, qu’une autre voix, un autre visage, une autre respiration viennent désormais incarner cette fonction. Je ne quitte pas l’UDS, je demeurerai là, dans les coulisses car les chantiers, les luttes, les réformes, les défis qui nous attendent sont nombreux et je demeurerai aux côtés de la nouvelle équipe pour transmettre ce que l’expérience m’a appris, pour accompagner avec loyauté celles et ceux qui prendront le relais.
Les temps que nous traversons sont imprévisibles. L’incertitude, diffuse et tenace, touche chacun d’entre nous comme l’ensemble de notre environnement professionnel. Pour naviguer dans cette mer agitée, l’UDS a bâti quelques îlots de certitudes pour clarifier nos statuts et répondre aux bouleversements du secteur culturel, mais il nous reste encore à les faire évoluer et corriger des points déterminants pour notre avenir.
Depuis que j’ai rejoint l’UDS, je l’ai vue grandir, se transformer, affirmer sa place parmi les forces vives du spectacle vivant et de l’exposition. L’UDS est désormais un interlocuteur entendu, en France comme en Europe. Elle est solide, grâce au dévouement bénévole de celles et ceux qui la font vivre. Certes, rien n’avance jamais aussi vite que nous le souhaiterions. Il nous faut encore et toujours redoubler de pédagogie, rappeler sans relâche les cadres et les exigences de nos métiers. Aussi je n’oublie pas non plus ce qui fait la singularité et la chaleur de l’UDS : ces moments de partage, de convivialité, cette fraternité de métier qui nous unit. Aussi, l’année 2026 nous offrira l’occasion de célébrer ensemble nos trente années d’existence. Ce sera, j’en suis sûr, un moment de force, de reconnaissance et d’élan pour l’avenir de nos métiers. Que vous soyez scénographe de spectacle, d’exposition, d’équipement, créateur·rice lumière ou costume, jeune adhérent ou membre de longue date : votre place est là ! N’hésitez pas à vous investir et candidater pour jouer un rôle au cœur des actions de notre Union. Bien à vous tou.te.s T S
Les progrès de la physiologie et de la médecine ont contribué à une nouvelle prise de conscience des effets de la lumière sur l’humain et à une nouvelle compréhension des impacts sur la santé. Ainsi, la plateforme de collaboration technologique Smart Sustainability in Lighting (SSLC) de L’Agence Internationale de l’Énergie a publié, le 1er octobre 2024, un rapport de synthèse des études réalisées ces dix dernières années sur les effets de la lumière et de l’éclairage LED sur la santé de la population générale et des personnes sensibles, y compris les enfants. Mandaté par l’ADEME pour représenter la France, Christophe MARTINSONS, expert national en éclairage à la direction Santé-Confort du CSTB, est le coordinateur et le premier auteur de ce rapport d’expertise.
Physicien au CSTB et président de la CIE France, Christophe Martinsons explore la lumière, son impact sur la santé et comment les normes encadrent son usage. Intitulé « Solid-State Lighting: Review of health Effects », ce rapport couvre à la fois :
les effets aigus (effets qui se développent pendant ou immédiatement après une exposition) du rayonnement optique sur l’œil et la peau, l’inconfort, l’éblouissement, les perturbations circadiennes, les effets neurocomportementaux et la modulation temporelle de la lumière ;
les effets à long terme (effets qui s’accumulent au fil des mois ou des années), tels que la dégénérescence maculaire liée à l’âge, la myopie et le risque de cancer.
L’éclairage LED présente un avantage majeur pour l’humanité en consommant moins d’énergie que les autres sources lumineuses existantes. S’ils n’induisent généralement pas de nouveaux risques pour la santé de la population générale, les LED pourraient cependant en représenter un pour les personnes sensibles exposées à des effets indésirables de manière inattendue. La réglementation pourrait alors mieux les protéger, en établissant des valeurs limites protectrices ou en rendant obligatoire la déclaration et l’étiquetage des indicateurs ayant un impact sanitaire.
De même, en ce qui concerne le domaine de la toxicité rétinienne de la lumière, les auteurs ayant contribué à la réalisation de ce rapport confirment l’existence de l’effet « blue light hazard » et notent un besoin de revoir les limites d’exposition à cette lumière bleue. L’analyse des mesures effectuées sur des lampes et des luminaires LED a révélé que la grande majorité de ces produits ne présentaient pas de risques pour la population. Néanmoins, certaines technologies utilisant des rayonnements à très courte longueurs d’onde ou des puissances très élevées seraient potentiellement dangereuses, notamment pour les enfants et les travailleurs de nuit, et nécessiteraient d’être mieux caractérisées expérimentalement.
La lumière ? « C’est aussi important que la nourriture qu’on mange, l’air qu’on respire », estime l’ophtalmologiste Francine Behar-Cohen (Inserm, AP-HP). Et ce d’autant plus qu’une nouvelle source de lumière artificielle, inédite par la force de sa composante bleue, la diode électroluminescente (LED), est désormais omniprésente. Quels impacts peuvent avoir ces LED sur nos rétines et notre métabolisme, qui dépend d’horloges internes réglées depuis la nuit des temps par l’alternance jour-nuit ?
La température de couleur, qui s’exprime en degré Kelvin (°K), permet de caractériser la couleur apparente de la lumière émise par une source lumineuse. Le terme température de couleur a été retenu car on a observé que la coloration d’une lumière était en relation avec la température de la source lumineuse.
Nous avons pris connaissance de l’annonce des lauréats de la première édition du dispositif « Nouveau costume de scène », lancé dans le cadre du plan en faveur de la mode du ministère de la Culture. Beau titre, belle intention : renouer le fil entre la couture et le plateau.
Toutefois, il nous paraît regrettable qu’un dispositif portant le nom de « costume de scène » se soit construit sans associer plus directement celles et ceux dont c’est le cœur du métier.
Il y a là comme un paradoxe français : célébrer le décor à la Quadriennale de Prague sans convoquer les scénographes, invoquer le costume sans inviter les créateurs/créatrices costumes. C’est à se demander parfois si notre ministère comprend ce qu’il fait et ce qu’il administre ?
Nos métiers n’ont pas l’éclat des paillettes de l’industrie de la mode, ils participent pourtant, de manière essentielle, à la vie culturelle de notre pays et à son rayonnement. Les créatrices et créateurs de costumes de scène connaissent aujourd’hui une situation fragile, marquée à la fois par la précarité et par un déficit de reconnaissance.
C’est pourquoi les négligences chroniques dont ils semblent faire l’objet ne peut que nous alerter quant à la considération réelle que la DGCA accorde à nos métiers.
Le seul fait que l’ensemble des services concernés, ne permettent pas de réserver au moins l’une des deux bourses prévues à nos professions, ne va pas dans le sens d’une reconnaissance équitable de l’ensemble des acteurs du spectacle vivant.
Il semblerait, à ce titre, pleinement légitime que les prochaines éditions du dispositif envisagent une ouverture plus large, ne se limitant pas au seul champ de la mode, mais intégrant également les professions du costume de scène dont la contribution, demeure indispensable à la vitalité de la création scénique .
Les lauréats sont : – Anna MASSONI (chorégraphe) et Arthur ROBERT (créateur de mode) – Zoé LAKHNATI (chorégraphe) et Armine OHANYAN (créatrice de mode) Chaque duo bénéficie d’une bourse de 20 000€ pour concevoir une chorégraphie originale et les costumes de scène mettant en valeur les métiers d’art de la mode et les savoir-faire français. Les deux présentations seront restituées lors du Chaillot expérience Mode, prévu les 13 et 14 mars 2026.
Jean-Luc Taillefert nous a quitté le 14 octobre après un magistral combat contre la maladie. Cet homme de Théâtre et de musique laisse derrière lui un souvenir marquant dans la profession.Il connaissait cet art des dispositifs scénographiques ingénieux et efficaces qui visaient à magnifier l’aventure collective de la création théâtrale. Homme discret et investi, toujours au service de l’oeuvre et des autres, les nombreux témoignages, tant en France qu’en Suisse, son pays d’origine, attestent de ses qualités humaines et professionnelles remarquables.
Nantais de coeur, il avait une grande estime pour Marcel Freydefond avec lequel il échangeait autour de la profession. Co-fondateur des arsènes, avec son mari Thierry Pilon, pour la promotion de la musique et du chant lyrique sur le territoire nantais, il aura oeuvré jusqu’à la fin au rayonnement du spectacle vivant, avec l’humilité, la passion et la douceur qui le caractérisaient.